Diagnostic gaz radon : 2 mois de mesure, 300 Bq/m³, quels travaux prioriser ?

octobre 2, 2026

Un diagnostic gaz radon permet d’évaluer l’exposition réelle d’un logement, d’un établissement ou de locaux de travail. Inodore, incolore et radioactif, ce gaz ne peut être détecté que par une mesure de sa concentration dans l’air intérieur. La carte du potentiel radon d’une commune donne un premier niveau d’information, mais elle ne remplace pas le mesurage du bâtiment.

Le radon : un risque lié au sol, pas seulement à la commune

Le radon provient de la désintégration de l’uranium et du thorium présents naturellement dans certaines roches et certains sols. Il remonte vers la surface, puis peut pénétrer dans un bâtiment par les fissures, les joints, les passages de canalisations, les planchers bas ou les défauts d’étanchéité du soubassement. Il s’accumule plus facilement dans les espaces peu renouvelés, notamment en cave, dans un vide sanitaire, au rez-de-chaussée et dans les pièces les plus basses.

Testez vos connaissances sur le diagnostic gaz radon

Une exposition prolongée au radon augmente le risque de cancer du poumon. En France, environ 3 000 décès par cancer du poumon lui seraient liés chaque année. Le tabac et le radon ont des effets nocifs qui se renforcent mutuellement. Le dépistage vise donc à mesurer une exposition moyenne dans le temps, et non à rechercher une odeur ou une fuite ponctuelle.

Potentiel radon et concentration mesurée : deux informations différentes

La France est répartie en 3 zones de potentiel radon. Une commune classée en zone 3 appelle une vigilance particulière : environ 7 000 communes et 12,2 millions d’habitants sont concernés. Plus de 40 % des bâtiments de ces zones dépasseraient 100 Bq/m³ et plus de 10 % dépasseraient 300 Bq/m³.

Ces données ne permettent toutefois pas de prévoir la concentration dans une habitation précise. Deux maisons voisines peuvent obtenir des résultats différents selon leurs fondations, leur ventilation, leur étanchéité et leurs conditions d’occupation. La cartographie du potentiel radon de Géorisques aide à situer sa commune. Seul un dosimètre indique la concentration réellement présente dans le bâtiment.

Mesurer correctement : le protocole qui rend le résultat utile

Pour un particulier, la solution la plus accessible est le dosimètre radon, aussi appelé capteur passif. Un kit coûte souvent environ 25 €. Il est installé dans les pièces de vie les plus basses, puis envoyé à un laboratoire pour analyse. Le résultat est exprimé en becquerels par mètre cube d’air, ou Bq/m³.

Deux mois consécutifs pendant la période de chauffe

Le capteur doit rester en place au moins 2 mois consécutifs, idéalement entre mi-septembre et fin avril. Durant la période de chauffe, les fenêtres sont moins ouvertes et l’écart de pression entre le bâtiment et le sol peut favoriser l’entrée et l’accumulation du radon. Une mesure trop courte risque de refléter une situation ponctuelle. Un mesurage long fournit une moyenne plus représentative de l’occupation réelle.

  • Choisir une ou plusieurs pièces occupées situées au niveau le plus bas.
  • Éviter la salle de bains, la cuisine, les zones très humides et les lieux de passage.
  • Placer le capteur à distance d’une fenêtre, d’une porte, d’une source de chaleur et d’une bouche de ventilation.
  • Conserver les habitudes normales d’aération et de chauffage pendant la mesure.
  • Respecter les consignes de pose, de retrait et d’envoi fournies avec le dosimètre.

Le bâtiment peut aspirer de l’air depuis le sol lorsque l’air chaud s’élève et s’échappe par les parties hautes. Une légère dépression se crée alors dans les niveaux bas, ce qui facilite le passage du radon par les interstices. Cette situation explique pourquoi le colmatage d’une seule fissure ne suffit pas toujours. Il faut aussi vérifier les passages de canalisations, le vide sanitaire, les combles et l’équilibre de la ventilation.

Lire le résultat du diagnostic gaz radon et choisir la bonne réponse

Le niveau de référence réglementaire est fixé à 300 Bq/m³ en moyenne annuelle. Ce repère ne signifie pas qu’une exposition inférieure serait totalement nulle. Il sert à déterminer des actions proportionnées. Le rapport d’analyse doit être conservé pour comparer les résultats après travaux ou lors d’une nouvelle campagne.

Résultat de mesure Lecture pratique Action à privilégier
Inférieur à 300 Bq/m³ Niveau inférieur à la référence réglementaire. Maintenir l’aération, entretenir la ventilation et envisager un contrôle après des travaux importants.
De 300 à 1 000 Bq/m³ Réduction nécessaire de l’entrée ou de l’accumulation du radon. Améliorer le renouvellement d’air, rechercher les défauts d’étanchéité et effectuer une contre-mesure après intervention.
Supérieur à 1 000 Bq/m³ Niveau élevé, surtout si la situation persiste après les premières actions. Faire réaliser un diagnostic professionnel approfondi pour définir des travaux adaptés au bâtiment.

Une nouvelle mesure après travaux est indispensable. Elle permet de vérifier que la concentration diminue réellement, plutôt que de confirmer une hypothèse sur l’origine du problème. La météo, le chauffage et les usages peuvent faire varier les niveaux. Le résultat d’une intervention se juge donc par une nouvelle campagne menée dans des conditions comparables.

Réduire le radon sans dégrader la qualité de l’air intérieur

La réduction du radon repose sur deux actions complémentaires : limiter le passage du gaz depuis le sol et évacuer l’air intérieur chargé en radon. Aérer 10 minutes chaque jour est un premier réflexe utile, mais cette mesure ne suffit pas toujours lorsque la concentration est élevée ou que les infiltrations sont importantes.

Agir du plus simple au plus technique

Commencez par vérifier le fonctionnement des grilles d’aération et de la ventilation mécanique, sans les obturer en hiver. Repérez ensuite les fissures de dalle, les trémies, les joints périphériques et les passages de tuyaux entre le sol et le logement. Leur colmatage peut réduire les voies d’entrée. Dans les configurations plus complexes, une ventilation du vide sanitaire, une mise en dépression du sol sous-jacent ou un traitement de l’étanchéité du soubassement peuvent être nécessaires.

Les travaux de rénovation énergétique demandent une attention particulière. Renforcer l’étanchéité à l’air réduit les déperditions thermiques, mais peut aussi accroître le confinement si le renouvellement d’air n’est pas traité au même moment. Une ventilation correctement dimensionnée contribue à préserver la qualité de l’air intérieur et à renforcer l’efficacité des actions contre le radon.

Auto-mesure, professionnel, ERP et ERT : qui fait quoi ?

L’auto-mesure convient à un logement individuel lorsque le protocole est respecté. Elle fournit une première évaluation de la concentration. Un professionnel devient particulièrement utile en cas de résultat élevé, de bâtiment ancien, de sous-sol complexe, de travaux à concevoir ou de besoin d’identifier précisément les voies d’infiltration.

Sa mission peut comprendre la visite du bâtiment, la définition d’une stratégie d’échantillonnage, la pose des capteurs, l’analyse en laboratoire, l’interprétation des résultats et la remise d’un rapport orientant les corrections. Cette démarche permet de relier le niveau mesuré à la configuration du bâtiment et aux travaux à envisager.

Des obligations distinctes pour les établissements

Les ERP, ou établissements recevant du public, sont soumis à des obligations de dépistage dans les situations réglementaires prévues, notamment dans les zones concernées et pour certains types d’établissements. Les établissements d’accueil collectif d’enfants jusqu’à l’âge de 6 ans font partie des structures visées. Dans les cas réglementaires, les mesures doivent être renouvelées tous les 10 ans, ainsi qu’après certaines modifications susceptibles d’influencer le niveau de radon.

Pour les ERT, c’est-à-dire les établissements recevant des travailleurs, l’employeur doit intégrer le risque radon à l’évaluation des risques professionnels lorsque la situation le justifie. Les ERP et les ERT ne relèvent donc pas exactement de la même démarche. Dans les deux cas, une campagne pilotée par un intervenant compétent facilite la traçabilité des résultats, le choix des actions correctives et le suivi dans le temps.